Compte rendu
Valentine Eugène 2025. Le Roman de Renart et les péchés de langue. Droz
Book review
Valentine Eugène 2025. Le Roman de Renart et les péchés de langue. Droz
Zinaïda Geylikman
École Pratique des Hautes Études, Université Paris Sciences et Lettres (Paris, France)
zinaida.geylikman@gmail.com
https://orcid.org/0000-0002-6488-1623
Reçu le 28/2/2026, accepté le 11/3/2026, publié le 15/10/2026
Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
© 2026 Zinaïda Geylikman
Pour citer ce compte rendu
Geylikman, Zinaïda 2026. Compte rendu. Valentine Eugène 2025. Le Roman de Renart et les péchés de langue. Droz. Studia linguistica romanica 2026.16, 28-34. https://doi.org/10.25364/19.2026.16.3.
Mots-clés
Acte de langage, français médiéval, Roman de Renart.
Keywords
Speech act, Medieval French, Roman de Renart.
[1] L'ouvrage Le Roman de Renart et les péchés de langue paru chez Droz dans la collection Publications romanes et françaises représente une version remaniée de la thèse soutenue par Valentine Eugène en 2023 à Sorbonne Université. Il s'agit d'une œuvre ambitieuse, pluridisciplinaire par nature, qui mobilise les approches des études littéraires, des sciences du langage et de l'histoire des idées.
[2] Dès les débuts de l'intérêt envers la littérature parodique médiévale, la parole et sa représentation dans le Roman de Renart se sont vu consacrer de nombreuses études en stylistique, lexicologie, rhétorique, sémiotique. Pourtant, comme le note l'autrice (p. 20), à ce jour, aucune des études n'a inscrit clairement la réalité linguistique renardienne dans le cadre des catégorisations médiévales telles qu'elles se présentent dans les textes normatifs du Moyen âge central. L'ouvrage de Valentine Eugène entreprend de combler cette lacune en visant ce que la pensée médiévale qualifiait de péchés de langue : les actes de transgression de la norme sociale effectués au moyen du langage.
[3] L'Introduction générale pose le cadre de la réflexion en présentant la notion de péché de langue dans les textes normatifs latins du Moyen âge central. Au tournant du 12e et 13e siècles, une « parole nouvelle », selon le terme de Le Goff & Schmitt (1979 : 266), voit le jour, conduisant « de nouveaux interlocuteurs, tels que les femmes ou les laïcs, à réclamer le droit de se faire entendre ». En réaction, les prédicateurs et, plus généralement, l'Église, prend pour cible cette nouvelle parole avec un discours normatif qui distingue la 'bonne' manière de parler de la 'mauvaise'. La datation de ce tournant rend le choix des contes renardiens particulièrement pertinent pour les objectifs de l'étude qui confronte le prescriptivisme religieux et juridique aux transgressions linguistiques observables dans la littérature. Le corpus contient ainsi toutes les branches du Roman de Renart, avec l'édition d'Armand Strubel (Strubel 1998) choisie comme celle de référence, d'autres éditions étant régulièrement consultées pour rendre compte de la variance. Enfin, l'introduction définit le cadre théorique, qui s'inspire des éléments de la linguistique et de la philosophe du langage, et explicite pour la plupart l'appareil terminologique adopté. Nous noterons, en particulier, un usage non-canonique pleinement assumé des termes centraux pour la pragmatique acte de langage et performativité. En effet, contrairement à la version classique de Austin (1970 [1962]) selon laquelle sont considérés comme performatifs uniquement les signes linguistiques qui réalisent eux-mêmes une action, dans l'ouvrage de Valentine Eugène, la performativité correspond plus largement à la réalisation d'une action en parlant (p. 22, note 79).
[4] Le corps de l'analyse s'articule en trois mouvements selon le mot de l'autrice. Ainsi, la première partie constituée de trois chapitres – le Rire (ch. 1), la Vérité (ch. 2), la Violence (ch. 3) – se fixe pour objectif de 'cartographier' les moyens lexicaux employés pour parler des transgressions langagières, que ce soit par les personnages ou les narrateurs. Sur la base d'un relevé exhaustif d'occurrences, sont analysés les lexèmes et syntagmes nominaux désignant les différentes transgressions langagières qui se rapportent aux thèmes ci-dessus : à titre d'exemple, le thème vérité est appréhendé à travers les sous-chapitres consacrés au mensonge (pp. 89-122), à la parjure (pp. 122-141), à la flatterie (pp. 141-151) et à la médisance (pp. 151-161). Les sous-chapitres ont une structure similaire : en partant de la conception du péché de langue donné selon les sources médiévales normatives, l'on recense l'appareil lexical le désignant dans le Roman de Renart en donnant des précisions sur les différentes acceptions que revêtent les lexèmes étudiés. En guise d'exemple, la lecture des textes permet à l'autrice de relever un éventail de lexèmes qui se rapportent aux actes mensongers des personnages : aux côtés de mençonge et mentir apparaissent ainsi falorde 'tromperie plaisante' et faillir 'tromper', bourde 'abus' et abourder 'abuser de la crédulité de quelqu'un', faussetez et faux, barat avec trois acceptions distinctes 'ruse par la parole', 'ruse qui ne repose pas sur la parole', 'action fourbe de manière générale' et, enfin, guile 'mensonge ayant pour but de tromper' (pp. 94-116). Toutes les occurrences des lexèmes en question sont recensées et analysées dans le contexte narratif, ce qui permet de mettre en évidence leur différenciation sémantique. Enfin, la fréquence de désignation de la faute verbale en question, dans ses diverses déclinaisons, est estimée. Cette première partie représente une analyse lexicologique et sémantique fine et dense, illustrée par des exemples tirés du texte et indiquant systématiquement les références à toutes les occurrences des cas de figure décrits. Au terme de la première partie, plusieurs observations majeures sont faites : si tous les péchés de langue décelables au niveau narratif ne sont pas nommés de façon exhaustive, les auteurs des contes renardiens enrichissent l'appareil lexico-sémantique de leur désignation par rapport aux sources normatives, ce qui aboutit à un panorama plus complet des actes de transgression langagière.
[5] Rappelant que la prise de conscience du 'pouvoir des mots' ne date pas de la pragmatique moderne, puisqu'elle intéressait déjà les penseurs médiévaux, dans un deuxième mouvement, l'autrice aborde un niveau supérieur de généralisation visant le fonctionnement narratif de la transgression langagière. Dans un cadre théorique qui combine les approches de Austin (1970 [1962]), Searle (1982 [1979]) et Rosier-Catach (1994, 2014), la deuxième partie explore ainsi la performativité des fautes verbales commises par les personnages renardiens au niveau textuel. Le chapitre 4 démontre les effets narratifs des péchés de langue, qui permettent parfois de nouer l'intrigue d'un conte (pp. 216-230). Ainsi, dans Renart et Liétard, le paysan a le malheur de maudire son bœuf infirme en souhaitant qu'il soit dévoré par un ours : Ainz que cilz jors d'ui soit passés/Vous puisse mal ours devorer (branche 12, vv. 66-67). Cela permet à l'ours, qui entend ces malheureuses paroles, de se présenter au paysan en réclamant le bœuf comme son dû ; à partir de cet événement se déroule l'action du récit (pp. 220-221). Dans d'autres cas, les fautes verbales contribuent au dénouement de l'intrigue (pp. 230-249). Par exemple, dans la branche 7a, Renart affamé parvient à persuader le coq Chantecler à chanter les yeux fermés en recourant à la flatterie ; sans grande surprise, le coq baisse sa garde et finit par être attrapé par le goupil par mi le col (v. 342), 'par le cou' (pp. 235-236). Par la suite, le chapitre 5 questionne la nature mimétique des transgressions langagières et leur rapport avec la réalité. Ainsi, l'on aborde la représentation des différents groupes sociaux – p.ex., les femmes, les laïcs, les avocats – et les péchés de langue qui leur sont systématiquement attribués (pp. 254-273), puis la relation entre la transgression langagière et l'effet d'oralité (pp. 273-288). Au terme de l'analyse, il apparaît que dans une proportion considérable de cas, les transgressions langagières participent à la narration, comme force perturbatrice ou résolutive, et contribuent à créer l'effet du 'parler de tous les jours' visant les auditeurs/lecteurs.
[6] Enfin, le troisième mouvement va au-delà des dialogues et narrations renardiens en questionnant la performativité du Roman comme phénomène culturel médiéval, en tant qu'il pratique la transgression par le biais de sa mise en scène. Le chapitre 5 rend compte de la fonction quelque peu ambivalente du Roman de Renart. D'un côté, le fait même de mettre en scène les nombreuses fautes langagières contribue implicitement à leur désacralisation et leur promotion auprès des auditeurs/lecteurs. Dans le même temps, la structure narrative présente les péchés de langue comme réprimables et contribuant à l'échec des personnages, surtout lorsqu'il s'agit des adversaires de Renart. Le chapitre 6 aborde la mécanique de la dérision à l'égard de l'Église, aussi bien pour ce qui est de ses rituels que de ses représentants humains. Les pratiques sacrées sont subverties dans la mesure où le charnel prend le dessus sur le spirituel, puisque les textes et ses personnages sacralisent l'animal, la nourriture copieuse, la sexualité. Les membres du clergé sont présentés comme des pécheurs, voire des vilains, dans un procédé énonciatif habile et calculé : si les narrateurs parlent des ecclésiastes de manière positive, ils ne s'expriment à ce sujet que très rarement, laissant aux personnages tout le loisir de dénoncer abondamment les vices du clergé. La raillerie du clergé étant un lieu commun pour la littérature parodique médiévale, le Roman va jusqu'à se permettre des libertés en matière de la relation Dieu-être humain (chapitre 8). Ainsi, aux côtés de l'image canonique d'un Dieu-Roi féodal, les contes renardiens suggéreraient de façon subtile l'image d'un Dieu complice d'actions et de plaisirs, en principe, réprimables. Ce trait participerait à la fameuse découverte de l'individu (Gourevitch 1997) traduisant la volonté de l'aristocratie de s'affranchir de la médiation de l'Église dans ses relations avec Dieu, en rendant ce Dieu moins parfait et, conséquemment, plus humain. La troisième partie représente ainsi le sommet de la généralisation qui couronne l'analyse des occurrences lexicales et de la valeur narrative des péchés de langue et présente les contes renardiens comme un écrit qui se distingue nettement de la littérature féodale par sa nature transgressive, et ce au niveau politique et idéologique. L'autrice analyse en effet le Roman de Renart comme un exemple de la littérature laïque dans le sens où il serait destiné en premier lieu à l'aristocratie séculaire en pleine 'découverte de soi'.
[7] La Conclusion générale résume l'analyse effectuée en envisageant pour les fautes verbales relevées leur finalité et leurs conséquences. Ainsi, les trois niveaux d'analyse permettent à l'autrice d'observer une adhésion globale des auteurs du Roman au versant théorique de la norme cléricale. Toutefois, au niveau discursif et narratif, les modèles transgressifs, notamment dans le domaine du langage, sont implicitement présentés comme supérieurs. Cela permet d'envisager les contes renardiens comme une tentative prudente de contester le monopole de l'Église sur le discours participant pleinement à la revendication implicite de l'absence de médiation dans les relations avec Dieu, au moyen, en particulier, de la libération de parole. En dépit de leur nature provocatrice, les textes renardiens témoignent d'une habileté combinée à une ouverture d'esprit : si Renart raille, ment, blasphème ouvertement et triomphe sans cesse par ses transgressions, le Roman de Renart questionne, interroge et explore la nature imparfaite, 'animale', de l'être humain en proposant un espace de réflexion et d'expérimentation à ceux qui, à l'issue des évolutions sociétales du 12e siècle, désirent s'affranchir de la domination ecclésiastique.
[8] Comme tout ouvrage interdisciplinaire, celui de Valentine Eugène n'échappera pas à quelques interrogations de la part des spécialistes de disciplines impliquées. Du côté des sciences du langage, un sémanticien regrettera sans doute l'absence d'un positionnement clair sur la conception structurelle du sens, alors même que les termes sème ou relation sémantique sont régulièrement employés. Un linguiste romaniste sera interpellé à plusieurs reprises par le terme langue romane référant au français médiéval seul. Un linguiste de corpus restera sur sa faim quant à la promesse lexicométrique dont le rendu se borne essentiellement à un décompte brut d'occurrences combiné à des pourcentages et des assertions du type fréquent, très fréquent, peu fréquent. Toutefois, ce sont là des bémols mineurs qui n'enlèvent rien au mérite global d'une analyse lexico-sémantique et pragmatique fine pleinement inscrite dans le contexte intellectuel de l'époque correspondante.
[9] Au niveau formel d'abord, l'ouvrage arbore une structure très claire permettant de plonger dans l'univers de la transgression langagière renardienne tout en étant soigneusement guidée. Les conclusions à la fin des sous-chapitres et chapitres sont particulièrement appréciables étant donné la densité de l'analyse. Les annexes représentent également un atout considérable : à défaut d'analyse lexicométrique à proprement parler, l'on fournit au lecteur l'accès à l'exhaustivité des occurrences relevées. Les index des textes latins et textes médiévaux français cités sont également à noter ; toutefois, un index de notions pourrait compléter avantageusement l'ouvrage au vu de la complexité du cadre théorique et méthodologique adopté.
[10] Au niveau méthodologique, l'on notera, en particulier, le mérite des trois étapes d'analyse ajoutant chacun un niveau de généralisation supérieur. Le mouvement inductif, qui part du co-texte linguistique et passe par le contexte narratif pour arriver au macro-contexte sociohistorique, permet d'envisager les transgressions langagières de façon holistique. Ainsi, en dehors de la confrontation aux textes narratifs, les phénomènes observables dans le Roman de Renart sont systématiquement comparés avec l'état de l'art correspondant en matière des fabliaux, démontrant la proximité, mais également les divergences par rapport à ce qui est communément englobé sous l'appellatif de littérature parodique. D'autres types de textes tels que les chansons de geste, ou les romans, sont également sollicités permettant d'affiner l'analyse de la performativité des transgressions dans les contes renardiens. De manière plus générale, l'ouvrage valide l'approche pluridisciplinaire démontrant que le champ notionnel d'une époque ne pourrait être pleinement appréhendé à partir d'un seul niveau d'analyse ni d'un seul type de discours.
[11] Pour ce qui est du bilan final, les trois parties donnent également des résultats en plusieurs niveaux. Tout d'abord, l'analyse lexico-sémantique fine dans la première partie de l'ouvrage pourrait certainement enrichir les données des dictionnaires sur les lexèmes concernés. Par ailleurs, l'étendu temporel de la matière renardienne permet à l'autrice de rendre compte du changement sémantique en confrontant les branches plus anciennes à celles plus récentes (cf. le cas de barat p. 109). En outre, l'ouvrage représente un excellent exemple d'analyse de la valeur performative des énoncés, pleinement ancrée dans la tradition pragmatique, tout en assumant le fait qu'il s'agisse de la représentation de l'oral et non de la communication réelle. Au niveau supérieur de la généralisation enfin, l'ouvrage offre une parfaite illustration d'un rapport double qu'entretiennent la norme et sa transgression. D'un côté, bien que la palette lexicale et discursive des fautes verbales soit plus diversifiée dans le Roman de Renart que dans les textes normatifs, les transgressions s'inscrivent pleinement dans le cadre posé par les écrits religieux et juridiques : il ne peut y avoir transgression que là où il y a prescription. Dans le même temps, ces péchés de langue revêtent un aspect idéologique et politique dans la mesure où ils défient l'autorité de l'Église en donnant la parole à ceux qui, autrement, en seraient privés. Par conséquent, elles contribuent à ce que l'on appellerait en termes modernes la démocratisation du discours et, ultimement, à la modification de la norme initialement transgressée.
[12] Ainsi, la monographie de Valentine Eugène apporte une contribution pertinente pour bien des domaines de recherches. Les observations faites au cours de l'analyse profiteront sans aucun doute aux disciplines impliquées : les études médiévales de manière générale, la lexicologie et sémantique historiques du français, les études littéraires, l'histoire intellectuelle, mais également à d'autres domaines connexes (p.ex., la sociolinguistique, les gender studies, l'anthropologie historique). Toutefois, l'apport le plus important réside, à notre sens, dans le défi pluridisciplinaire relevé avec brio, l'ouvrage offrant un cadre théorico-méthodologique solide pour l'étude de la parole dans les textes médiévaux et, plus généralement, les écrits du passé pour lesquels la conscience linguistique nous fait défaut.
[13] De par son ambition, sa portée et sa thématique, Le Roman de Renart et les péchés de langue donnera matière à réflexion à quiconque s'intéresse à l'interdépendance entre la parole et les évolutions sociétales. Au bout du compte, l'œuvre de Valentine Eugène suggère que, malgré un foisonnement d'études qu'il s'est vu consacrer depuis près d'un siècle et demi, le Goupil n'a toujours pas dit son dernier mot.
Abréviations et références bibliographiques
Austin 1970 [1962] = John L. Austin 1970 [1962]. Quand dire c'est faire. Introduction, traduction et commentaire par Gilles Lane. Postface de François Recanati. Éditions du Seuil [traduction de How to do things with words. Oxford University Press].
Gourevitch 1997 = Aaron J. Gourevitch 1997. La naissance de l'individu dans l'Europe médiévale. Traduction par Jean-Jacques Marie, préface par Jacques Le Goff. Éditions du Seuil [traduction à partir du manuscrit non publié Individ v Evrope (srednevekov'e)].
Le Goff & Schmitt 1979 = Jacques Le Goff, Jean-Claude Schmitt 1979. Au XIIIe siècle. Une parole nouvelle. Jean Delumeau (éd.). Histoire vécue du peuple chrétien. Tome 1. De la clandestinité à la chrétienté. Privat, 257-279.
Rosier-Catach 1994 = Irène Rosier-Catach 1994. La parole comme acte. Sur la grammaire et la sémantique du XIIIe siècle. Vrin.
Rosier-Catach 2014 = Irène Rosier-Catach 2014. Le pouvoir des mots au Moyen Age : diversité des pratiques et des analyses. Nicole Beriou, Jean-Patrice Boudet, Irène Rosier-Catach (éds.). Le pouvoir des mots au Moyen Âge. Brepols. 9-16.
Searle 1982 [1979] = John R. Searle 1982 [1979]. Sens et expression. Études de théorie des actes de langage. Traduction et préface par Joëlle Proust. Éditions de Minuit [traduction de Expression and meaning. Studies in the theory of speech acts. Cambridge University Press].
Strubel 1998 = Armand Strubel (éd.) 1998. Le Roman de Renart. Avec la collaboration de Roger Bellon, Dominique Boutet et Sylvie Lefèvre. Gallimard.